Je n’arrive pas à rembourser mon plan de surendettement : que faire ?

Je n'arrive pas à rembourser mon plan de surendettement

Se retrouver dans l’incapacité de rembourser un plan de surendettement est une épreuve financière lourde et stressante. Face à cette difficulté, il faut comprendre les mécanismes juridiques en jeu et les démarches à entreprendre pour préserver ses droits et éviter des conséquences irréversibles.

Quelles conséquences en cas de non-respect du plan de surendettement ?

Le plan de surendettement homologué par la commission ou par le juge est censé offrir une protection face aux créanciers. Cependant, il arrive que certains débiteurs, en raison de changements de situation personnelle ou économique, rencontrent des difficultés à respecter les modalités fixées.

En 2020, un arrêt important de la Cour de cassation a précisé que si aucune clause résolutoire spécifique n’a été prévue dans le plan, les créanciers ne peuvent pas appliquer directement des sanctions ou engager des poursuites avant la fin de la période d’exécution du plan. Cela signifie que les créancier doivent saisir le juge du surendettement avant de relancer des procédures de recouvrement classiques.

Cependant, il faut vérifier les clauses exactes de votre plan de surendettement, car si celui-ci prévoit expressément une caducité en cas de non-respect, les créanciers pourraient accélérer les procédures.

Comment agir rapidement pour se protéger ?

Dès que le remboursement devient difficile, la meilleure démarche consiste à consulter une assistante sociale ou un conseiller financier spécialisé. Ces professionnels pourront analyser votre situation et vous guider pour amorcer un redépôt de dossier auprès de la Banque de France.

Le redépôt d’un dossier complet permet de prendre en compte l’évolution de votre situation financière, notamment si vos revenus ont baissé ou si vos charges ont augmenté. Ce nouveau dossier est fondamental pour demander un réaménagement des mensualités et arrêter les poursuites en cours, notamment les saisies par huissier.

Redépôt de dossier et suspension des poursuites : des étapes clés

Le dépôt d’un nouveau dossier de surendettement entraîne la suspension immédiate des procédures d’exécution, y compris les saisies sur salaire ou immobilières. La commission dispose ensuite de trois mois pour étudier la recevabilité de votre demande, période pendant laquelle aucune action judiciaire ne peut être engagée contre vous.

Cette suspension offre un répit essentiel pour organiser vos finances et négocier un nouveau plan adapté. Mais, toute tentative d’aggravation du surendettement, comme la souscription de nouveaux crédits, est déconseillée durant ces démarches.

les actions si Je n'arrive pas à rembourser mon plan de surendettement

Quelles solutions la commission peut-elle proposer ?

La commission de surendettement peut intervenir selon trois axes complémentaires. Elle peut d’abord proposer une renégociation du plan conventionnel, en rallongeant la durée de remboursement, en réduisant le montant des mensualités ou encore en abaissant le taux d’intérêt afin d’alléger la charge financière du débiteur.

Si aucun accord amiable n’est trouvé entre les parties, elle peut ensuite imposer des mesures contraignantes, telles qu’un effacement partiel des dettes ou un moratoire temporaire, formalisé par une décision qui s’impose aux établissements bancaires.

Enfin, en cas d’insolvabilité totale, une procédure de rétablissement personnel peut être engagée, pouvant aller jusqu’à la liquidation judiciaire avec vente des biens lorsque le débiteur dispose d’un patrimoine, ou à l’effacement des dettes en l’absence de biens.

Protéger son logement : la vente à réméré comme alternative

Pour un propriétaire en difficulté, la menace de liquidation judiciaire et de saisie immobilière peut être particulièrement angoissante. La vente à réméré se présente alors comme une solution réaliste permettant de vendre temporairement sa résidence principale à un investisseur.

Le produit de la vente est utilisé pour solder la dette, tandis que le propriétaire continue d’occuper le logement en tant que locataire. Une fois la situation financière stabilisée, le propriétaire peut racheter son bien et éviter ainsi une expulsion définitive.